La vie est une sorte de jeu de rôles : un long parcours semé d’embûches où l’on doit faire des choix. Dans ce monde en exil dans lequel beaucoup de choses nous échappent, il est normal de se tromper de chemin. Mais ce qui n’est pas normal, c’est que trop de gens refusent de changer, de se remettre en question. On appelle cela le biais des coûts irrécupérables.
Exemples : Se forcer à finir un plat mauvais dans un restaurant car il a coûté cher. Rester en couple avec quelqu’un qui nous rend malheureux parce qu’on a beaucoup investi dans cette relation. Ignorer les contradictions / abus d’une tradition religieuse parce qu’on a consacré sa vie à ces pratiques
Le biais des coûts irrécupérables, c’est le fait de continuer dans une direction perdante simplement parce qu’on a déjà beaucoup investi dedans (temps, argent, énergie, réputation…), au lieu de prendre une décision raisonnée à partir de la situation présente. Toutes sortes d’arnaques reposent sur ce biais dont on parle peu mais qui provoque des conséquences dramatiques.
Ce biais est lié à l’ego : beaucoup de gens n’arrivent jamais à admettre qu’ils se sont trompés. Note humoristique : quand on admet s’être trompé, on devient un éléphant / un Aleph – animal lié à l’apprentissage (cf. article Éléphant).
« Alout Shkoua » (« Coût irrécupérable »)
עלות שקועה
Guematria = 987
Un seul verset de la Torah a une guematria de 987 :
« C’est aujourd’hui que vous partez, dans le mois de Aviv » (Exode 13:4)
היום אתם יצאים בחדש האביב
Ce verset marque l’annonce de la sortie d’Égypte, de la fin de l’esclavage.
Pourtant, selon la tradition juive, la majorité des Hébreux refusèrent de suivre Moïse et restèrent en Égypte. Toute leur vie était organisée autour de ce pays. Quitter l’Égypte leur ferait perdre tout ce qu’ils ont construit. On a en effet du mal à sortir d’une situation quand on y a beaucoup investi.
Mais on ne reste pas esclave parce qu’on a déjà trop investi dans l’esclavage. Il faut savoir quitter une relation toxique.
Le passé investi ne doit pas empêcher de choisir un avenir meilleur.
Comment sortir de ce piège ?
En raffinant son ego, en admettant que tout le monde peut se tromper. Nous ne contrôlons pas la majorité des circonstances qui nous poussent à faire des choix. L’erreur est humaine.
Mais le plus important est de savoir que le « Coût irrécupérable » n’existe pas. Rien n’est irrécupérable. On peut toujours réparer. On peut tout élever. Les plus grandes lumières viennent même des plus grandes chutes.
« Yerida Letsorekh Aliyah » (« La descente en vue d’une élévation »)
ירידה לצורך עלייה
Guematria = 700
= guematria de « Shèt » (« Seth »)
שת
Il faut transformer la chute en Shèt (Seth). Seth apparaît après une double chute : la perte du paradis, puis celle d’Abel. L’Humanité semble entrer dans une chute morale et spirituelle. Sa naissance correspond à un nouveau départ, une nouvelle lignée. La chute aboutit à une fondation profonde, plus stable.
Il faut transformer la chute en Sept. Sept, comme la Malkhout / le Royaume.
Raffiner son ego et prendre conscience que tout ce que nous avons fait dans le passé peut être transformé en quelque chose de positif.
Le Salut passe par là.
On retrouve énormément ce biais dans la religion. Car dans ce domaine, le terrain est fertile pour ce biais : l’investissement n’est pas seulement matériel, mais aussi existentiel, identitaire, social, moral…
Plus l’investissement est profond, plus il devient psychologiquement impossible de reculer.
Certains se disent :
« J’ai consacré toute ma vie à cette foi, j’ai prié, obéi, souffert, transmis à mes enfants…
je ne peux pas admettre m’être trompé maintenant. »
Ces gens-là ferment les yeux sur les contradictions, diabolisent la critique…
De même, ceux qui ne se sont pas investis dans leur vie spirituelle mais seulement dans la matérialité ont du mal à réaliser qu’ils se sont trompés.
Le biais des coûts irrécupérables nous enferme dans des situations perdues. Reconnaître ses erreurs n’est pas une faiblesse, mais un acte de courage. Chaque chute peut devenir une fondation, chaque perte peut se transformer en Lumière.
Les efforts investis, qu’ils soient dans la religion (comme des milliers d’heures consacrées à la prière) ou dans la vie quotidienne (comme des milliers d’heures passées devant un écran de télévision), ne sont jamais perdus. Tout peut être raffiné et élevé.

Pour vraiment s’élever, il faut la lumière de la Nouvelle Torah. Ceux qui sont pris dans le piège, laïcs ou religieux, la rejettent souvent au premier abord, car elle bouleverse leurs certitudes. Et pourtant, la Nouvelle Torah ne demande aucun investissement : ni rituels ni argent. Elle est accessible à tous et offre la clé pour sortir du piège et trouver le vrai Salut. Ce qui peut sembler perdu doit devenir Lumière. Ce qui peut sembler être une chute doit devenir une élévation.